
Situation du 29 septembre 2000
Une
lointaine dépression en mer d'Irlande maintient un "
flux de sud " sur l'ensemble de la France.En Méditerranée,
le vent est d'est 25 nœuds sur la côte varoise, de
sud-est 15 à 20 nœuds sur les côtes de Camargue
et de Languedoc.
Voir l'image satellite Sous l'effet de ces vents convergeant,
de l'air chaud (c'est la fin de l'été, la température
de la mer est encore élevée) s'engouffre dans
la vallée du Rhône et s'élève le
long des reliefs exposés au sud (Cévennes…).
Par ailleurs, en altitude, la circulation générale
des vents a isolé une masse d'air froid en provenance
du nord.
Ainsi, tout concourt à la fabrication de puissants
orages sur le sud-est du Massif Central : une masse d'air
froid surmontant une masse d'air chaud et humide, des vents
qui convergent et qui, butant sur le relief des Cévennes,
favorisent l'ascendance de l'air.
C'est
ce que met en évidence l'image radar, composée
à partir des informations fournies par les 15 radars
de Météo-France. Sur cette image, la couleur
varie selon l'intensité des précipitations rencontrées
par l'onde radar. Les Cévennes et les monts du Vivarais
sont affectés par un chapelet de points jaunes correspondant
à des précipitations supérieures à
60 millimètres par heure.
Voir l'image radar
En général, une cellule orageuse ne dure pas
plus d'une heure ce qui limite la quantité d'eau tombée.
Mais dans certaines situations, il arrive que le nuage se
reforme constamment pratiquement sur place. Les cumuls de
précipitation sont alors très importants : plusieurs
centaines de millimètres en vingt-quatre heures (à
titre de comparaison, il tombe en moyenne 650 millimètres
de pluie par an en région parisienne).
Lorsqu'un tel événement est localisé
sur un bassin versant qui concentre fortement le ruissellement,
il peut entraîner des crues catastrophiques, comme celles,
entre autres, survenues :
- à Nîmes le 3 octobre 1988 (400 mm de précipitations
en 6 heures)
- à Vaison-La-Romaine le 22 septembre 1992 (300
mm de précipitations durant l'épisode, dont
150 mm en moins de 2 heures)
- à Puisserguier le 28 janvier 1996 1992 (300 mm
en quelques heures)
- dans l'Aude les 12 et 13 novembre 1999, où plus
de 400 mm ont été recueillis en 36 heures
sur 4 départements, avec une pointe supérieure
à 600 mm dans les Corbières.
Entre 1958 et 1999, on a recensé 142 épisodes
donnant lieu à des précipitations supérieures
à 190 mm en 24 heures sur l'arc méditerranéen
et 33 sur la Corse. Ces épisodes de pluies intenses
surviennent principalement au début de l'automne, quand
la mer est encore suffisamment chaude : 55 % des cas se sont
produits entre le 15 septembre et le 15 novembre.
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